Les archives retrouvées du professeur Magicus
Au début du 20e siècle vit dans le quartier de la Servette un des magiciens les plus connus d’Europe, le professeur Magicus. A l’âge de 63 ans, il s’effondre sur scène et Genève perd une grande personnalité. Conservées jusqu’alors dans la Villa Magica, sa prestigieuse collection d’ouvrages relatifs à la magie est dispersée autour de l’année 2006 et ses archives disparaissent des radars. Cent ans après sa mort, les archives du professeur Magicus réapparaissent en 2026 grâce à une rencontre entre le Club des Magiciens de Genève et les Archives d’État.
Le professeur Magicus est un célèbre magicien genevois, qui nait en 1862 sous le nom d’Adolphe Blind. A l’âge de 14 ans, le jeune Adolphe assiste sur la plaine de Plainpalais à la représentation du magicien autrichien Gustav Agoston : sa vocation est née. A 16 ans en 1878, Adolophe Blind ouvre une échoppe de produits magiques sous l’enseigne « Bosco, Blind et Cie » et créée un petit journal nommé «Le Cagliostro» qu’il vend à ses amis collégiens. Il entre ensuite dans la florissante entreprise familiale qui installe des becs de gaz pour l’éclairage des rues puis fortune faite, à 37 ans, il la quitte pour la magie. À partir de 1900, il se consacre à l’illusionnisme et le professeur Magicus devient l’un des magiciens les plus célèbres d’Europe.
Pendant 25 ans, Adolphe Blind va inventer ou perfectionner 4924 tours de magie, qu’il partage sans relâche pour ses confrères dans les journaux européens spécialisés. Il travaille avec des machines, des automates qu’il construit dans l’atelier de sa maison. Selon Alfred Chapuis, qui préface en 1927 son ouvrage « Les automates truqués », « le plus énigmatique des dispositifs de Blind sera le distributeur automatique, présenté en 1905 à Paris », qui distribue des cartes à jouer.
Il meurt sur scène, lors d’un spectacle au château de Bossey, alors qu’il venait de prononcer des paroles magiques préludant l’escamotage d’un œuf (dans un tour appelé le « sac à l’œuf »). Pour le premier anniversaire de sa disparition, des sociétés de prestidigitation viennent inaugurer une plaque en son honneur dans le cimetière du Petit-Saconnex. Le « Prix Magicus », fondé par sa veuve et sa fille en 1927, est encore attribué.
Adolphe Blind était installé avec sa famille dans une maison du quartier de la Servette, dénommée « Villa Magica ». Il y réunit la plus grande collection européenne d’ouvrages illusionnistes, collection aujourd’hui dispersée. Les quelques mentions de cette collection faisaient allusion à des archives professionnelles que le professeur Magicus tenait avec soin.
De fil en aiguille, grâce à des discussions entre le Club des magiciens de Genève -fondé en 1927- et les Archives d’État, ces archives ont été redécouvertes au printemps 2026.
Le Club des magiciens de Genève en a fait don aux Archives d’État. Ce fonds probablement unique en Suisse est désormais classé et conservé sous la cote Archives privées 666 et accessible au public.


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